Toulouse Métropole : quelle trajectoire pour ses émissions de gaz à effet de serre ?

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Lorsque nous emménageons sur un territoire, nous le choisissons souvent en fonction du travail qu’on y trouve, de nos origines familiales ou de la maison de nos rêves qui y est implantée. Mais nous choisissons rarement notre région, notre commune, en fonction de sa politique énergétique. De même, une fois installé, étudions-nous, en tant que citoyen sa politique énergétique ? Pas sûr. Et si… et si tout cela changeait un peu ?

Aller, on va être un peu chauvins (ou nombrilistes, c’est vous qui voyez !) et on va partager sur l’Occitanie aujourd’hui. Et plus particulièrement sur l’une des 4 agglomérations où Mavana est implantée : Toulouse Métropole.

Au recensement de 2019, la Métropole toulousaine regroupait une quarantaine de communes et près de 800 000 habitants. Cela en fait la quatrième métropole la plus peuplée de France (derrière Paris, Marseille et Lyon). Promis, cet article ne sera pas destiné à mettre en avant le tourisme culturel autour de la ville rose. Ces quelques informations vous donneront des repères utiles pour la suite.

Car nous allons nous intéresser plus particulièrement à la trajectoire poursuivie par ce territoire Toulousain sur deux indicateurs : 

  • Les émissions de Gaz à Effet de Serre (GES)
  • La consommation globale d’énergie 

Le plan climat-Air-Énergie Territorial (PCAET)

Nous devons tout d’abord saluer la signature le 27 juin 2019 du Plan Climat-Air-Énergie Territorial (PCAET) par Toulouse Métropole. C’est un outil opérationnel de coordination pour la mise en œuvre de la transition énergétique, de la lutte contre le changement climatique et de l’adaptation à l’échelle du territoire. 

Le document de présentation de ce plan (Livre 0) nous rappelle l’accord du Conseil européen conclu en octobre 2014 qui indique que le « Paquet Énergie Climat 2030 » prévoit au moins 40% de réduction des émissions de Gaz à effet de serre à l’horizon 2030 par rapport à 1990.

Il rappelle également qu’en France, afin d’intégrer sur le plan national ces engagements, la loi relative à La Transition Énergétique pour la Croissance Verte (LTECV) du 18 août 2015 fixe des objectifs à moyen terme de :

  • Réduire nos émissions de Gaz à effet de serre de 40% entre 1990 et 2030 ;
  • Réduire notre consommation énergétique primaire d’énergies fossiles de 30% en 2030 par référence à l’année 2012.

La stratégie Climat de Toulouse métropole

Ainsi, la Métropole toulousaine a adopté, dans le cadre du PCAET (Plan Climat-Air-Énergie Territorial), par délibération du 13 avril 2017, sa stratégie Climat fixant à horizon 2030 les objectifs de : 

  • réduction de 40% des émissions de gaz à effet de serre par rapport à 2008 (premières données disponibles pour la métropole) ; 
  • réduction de 20% de la consommation énergétique finale par rapport à 2016.

Nous devons saluer la transparence de Toulouse métropole avec la publication du rapport d’évaluation intermédiaire du PCAET (réalisé en partenariat avec La SCET et I Care & Consult). 

Comme le montre le graphique ci-dessous, les dernières données observées (2018) montrent une baisse de 3% des émissions alors que -15% étaient attendus dans la trajectoire initiale du PCAET. Si la trajectoire se poursuit, en 2030 les émissions auront baissé de 9% contre les 40% visés.

De même, les dernières données observées (2018) de la consommation énergétique finale (cf. graphique ci-dessous), avec la trajectoire modélisée des actions prévues, montrent un impact, à 2030, de -4% sur les consommations d’énergie par rapport à 2016 contre les -20% visés.

Des projections en deçà des espérances

L’agence ATMO Occitanie, dans son rapport de septembre 2021 est en phase avec ce constat préoccupant. Nous avons étudié (avec la société de conseil en valorisation de données dataloha et le support de l’AREC Occitanie) les données accessible en opendata sur Picto-Stat. Nos analyses basées sur les graphique ci-dessous vont également dans le même sens.

À cela nous devons, malheureusement ajouter 3 points : 

  • Les objectifs du PCAET (Plan Climat-Air-Énergie Territorial) étudiés, rappelés ci-dessous, sont davantage atteignables que ceux que la LTECV (La Transition Énergétique pour la Croissance Verte) ;
  • Le Conseil européen de décembre 2020 a relevé l’objectif climatique pour 2030 à un minimum de 55 % (au lieu des 40% décidés en octobre 2014), ce qui sera répercuté sur le plan national dans les prochains mois ; 
  • Les gaz à effet de serre émis resteront dans l’atmosphère pendant des dizaines, centaines voire milliers d’années (suivant les gaz). 

Des actions possibles

Le PCAET avait défini lors de sa validation en 2019, 6 axes stratégiques :

  • Amplifier massivement la rénovation des logements et la qualité des aménagements pour assurer le bien vivre dans l’Éco-Métropole – Axe 1
  • Favoriser l’écomobilité et faciliter les déplacements pour rendre du temps aux Métropolitains – Axe 2.
  • Développer les productions et consommations d’EnR* locales – Axe 3.
  • Entreprendre, produire et consommer durablement dans une ville intelligente – Axe 4.
  • Affirmer Toulouse Métropole comme animatrice territoriale de la Transition Énergétique – Axe 5.
  • Innover pour l’exemplarité et généraliser les pratiques d’excellence – Axe 6.

Soit au total 83 fiches actions définies dans le PCAET (Plan Climat-Air-Énergie Territorial). Malheureusement, elles ne permettent pas d’être dans la trajectoire attendue. Les 8 actions complémentaires suivantes ont été annoncées lors la Conférence Climat du 20 janvier dernier à Toulouse :

Pour des déplacements moins polluants

  • doublement du budget alloué à la prime vélo ;
  • mise en place d’un plan d’actions en faveur de la logistique urbaine, pour accompagner les entreprises en matière de déplacements, livraisons, etc.

Pour une meilleure gestion de la consommation d’énergie 

  • doublement du nombre de conseillers en rénovation énergétique, pour inciter à la rénovation des logements, quartier par quartier, commune par commune ;
  • accompagnement technique pour la rénovation des bâtiments d’entreprises ;
  • installation systématique de panneaux solaires sur les nouveaux bâtiments de la collectivité et poursuite de l’équipement en photovoltaïque des bâtiments existants ;
  • renforcement du plan de rénovation énergétique du patrimoine des deux collectivités et  généralisation de la démarche de commande publique plus éco-responsable, pour limiter l’impact écologique.

Prolonger la mobilisation autour de l’environnement

  • la Conférence sur le climat réunira désormais une fois par an des experts locaux et nationaux afin de suivre l’avancée du Plan pour le climat ;
  • un dispositif de formation sur l’environnement sera mis en place au sein de la Mairie de Toulouse et Toulouse Métropole, pour impliquer agents et élus.

Or, il existe beaucoup de solutions IoT (Internet des objets) d’ores et déjà disponibles, rapidement implémentables dans nos métropoles et dans nos communes. Celles-ci permettraient d’avoir un impact direct sur nos émissions de Gaz à Effet de Serre.

Entre les Techno-Freaks qui pensent que la technologie va résoudre le dérèglement climatique ou bien les Techno-sceptiques qui pensent que la technologie ne fait que contribuer au problème, nous pensons qu’il y a une voie Techno-Responsable. En effet, notre approche méthodologique rigoureuse est basée sur l’analyse du cycle de vie de l’intégration de ces technologies. Cela nous permet de calculer un délai de retour sur investissement GES. L’installation d’une solution connectée va émettre du Gaz à Effet de Serre. Mais il est intéressant de connaître les économies d’émissions globales qu’elle permettra. Nous sommes ainsi en mesure de calculer si l’implantation d’une solution connectée sera bénéfique (et quand) ou pas.

En suivant cette approche Mavana a recensé les grandes familles de solutions IoT, en ciblant particulièrement les émissions du secteur des transports qui représente plus de la moitié des émissions du territoire. En voici ci-dessous un aperçu. Elles feront l’objet, dans quelques semaines, d’un prochain article de Mavana. Abonnez-vous à notre page pour ne pas le manquer 😉. Si vous souhaitez avoir plus de détail avant, contactez-nous directement.


Objectifs de développement durable

Le thème de cet article répond aux ODD suivants :
=> 9. Industrie, innovation et infrastructure
=> 11. Villes et communautés durables

Jean-François Pinson
Jean-François Pinson

Conseil des affaires | IoT | Business Development

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