L’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) vient de publier une mise à jour de son rapport « Énergie et IA ». Dedans, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle :
La bonne : la conso d’énergie des centres de données en 2025 a été conforme à leurs prévisions.
La mauvaise : la conso d’énergie des centres de données en 2025 a été conforme à leurs prévisions.
Une bonne nouvelle donc parce que le domaine a évolué rapidement et que l’efficacité énergétique des systèmes d’intelligence artificielle progresse énormément : récemment, la consommation par tâche d’IA a été divisée par au moins 10 chaque année.
Une requête textuelle « simple » consomme désormais généralement moins qu’une télévision allumée pendant la même durée. Si toutes les recherches Internet se contentaient de ce format « aidé de l’IA », on parlerait de moins de 1 % de la consommation totale actuelle des centres de données.
Soulagé ? hmmm… pas vraiment.
Parce que le déploiement à grande échelle de l’IA soulève la question de son impact sur le secteur de l’énergie.
De nouveaux usages IA très gourmands en énergie explosent (agents autonomes, génération de vidéos, de musique, etc.) et peuvent consommer jusqu’à des milliers de fois plus d’énergie qu’une simple requête textuelle.
Effet rebond nous voilà !
Conséquences :
⚡+17 % de demande mondiale en électricité pour les centres de données en 2025
🤖 +50 % pour les seuls centres dédiés à l’IA
La bonne nouvelle était que tout se passe comme prévu ?
Les projections de l’International Energy Agency (IEA) concernant la demande en électricité des centres de données restent proches de la trajectoire présentée dans son rapport de 2025 et cette conso devrait pratiquement doubler d’ici 2030, pour représenter environ 3 % de la demande mondiale en électricité à cette date (et 2% des émissions de gaz à effet de serre du secteur).
Mais le pire peut encore arriver…
Faute de raccordements au réseau « suffisamment rapides », des promoteurs de data centers aux États-Unis se tournent vers des centrales au gaz installées sur site. Et un article récent de Reporterre 🌍 | Le média de l’écologie dénonce une volonté similaire en France.
Alors, on IA ou pas ?
Toujours selon l’AIE, les 1er signaux indiquent que l’IA stimulerait la productivité dans certains secteurs, ce qui pourrait favoriser la croissance économique globale sans nécessairement se traduire par une augmentation de la facture énergétique.
In fine, ce qui compte le plus, ce sont les politiques et les technologies énergétiques choisies !
(ça me rappelle nos conclusions publiées par l’ADEME en novembre dernier concernant le numérique).
Le reste du rapport s’adresse aux experts, notamment les propositions pour juguler les impacts de l’IA dans le secteur de l’énergie. Et les personnes visées les comprennent mieux que moi.
Pour les curieux, c’est par ici 👉 Executive summary – Key Questions on Energy and AI – Analysis – IEA
Gillo Malpart
Président Mavana
