La consommation en eau du numérique

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“La Terre est bleue parce qu’il y a plein d’eau, genre PLEIN d’eau, alors pourquoi nous enquiquine-t-on avec le numérique et sa consommation en eau ?”

Une ressource précieuse

La semaine dernière, fruggr publiait une communication (voir le carrousel ici) qui nous rappelle que la consommation mondiale d’eau due au numérique représente 242Mds de pack d’eau de 9L. Mais ce chiffre astronomique est-il vraiment catastrophique ?

Rappelons d’abord que l’eau recouvre en effet près de 70% de la surface de la terre mais, si l’eau ne semble pas rare à l’échelle de l’être humain, elle l’est à l’échelle géologique. L’eau douce ne représente que 2.5% de l’eau disponible, et seuls 0.3% de cette eau douce est disponible directement dans des lacs et des réservoirs.

Elle est donc tellement rare et prend tellement de temps à être produite naturellement que nous devrions considérer l’eau douce comme une ressource fossile. Une ressource fossile, certes synthétisable, mais qui est tellement critique pour la vie sur terre que son épuisement peut provoquer des perturbations bien plus importantes que ce que l’on connaît déjà avec le pétrole ou le gaz par exemple.

Le risque de stress hydrique

Inégalement répartie dans le monde, la ressource en eau, quand elle est insuffisante pour répondre aux activités humaines et aux besoins de l’environnement (c’est-à-dire, en dessous de 1.700 mètres cubes par personne et par an selon l’ONU) provoque un “stress hydrique”. Et l’UNICEF pointe déjà un lien étroit entre pénurie et mauvaise gestion de l’eau, et apparition de tensions et de conflits dans certains endroits du monde.

Et que l’on ne s’y trompe pas : le stress hydrique, conditionné par les conditions climatiques et la demande en eau, touche déjà aujourd’hui plus de 100 millions d’individus en Europe.

L’utilisation de l’eau et le secteur du numérique

Mais, sans aller jusqu’aux conflits armés, le stress hydrique impacte déjà nos modes de vie. Ainsi, la pénurie des composants électroniques, qui met en ce moment à genoux de nombreux industriels, s’est vue aggravée quand Taiwan a vécu l’année dernière sa pire sécheresse depuis que le premier ordinateur a vu le jour. Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC), le plus gros fabricant de semi-conducteurs mondial, consommerait 156 000 tonnes d’eau par jour et n’a pas pu répondre aux demandes !

C’est la raison pour laquelle, dans notre approche de l’impact des nouvelles technologies, nous préconisons de prendre en compte “l’empreinte eau”, au même titre que l’empreinte carbone.

Bien sûr, le numérique n’est pas le poste de la plus grande dépense en eau douce (l’agriculture, la production énergétique et l’industrie sont les 3 plus gros postes en Europe), mais il convient de raisonner notre usage du numérique (à l’achat et l’utilisation) pour préserver cette ressource vitale.

Ne la gaspillons pas.


Objectifs de développement durable

Le thème de cet article répond aux ODD suivants :
=> 6. Eau propre et aissainissement
=> 12. Consommation et production responsables


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